Une nuit de Samhain, dans un vieux récit irlandais, un pendu demande à boire. L’homme qui le porte sur son dos va de maison en maison, et ce qui se passe derrière la troisième porte n’a rien d’une fête. Aujourd’hui, cette même nuit, on dresse une table et l’on sert un verre à ceux qui ne sont plus là. Entre les deux, le mort a changé de visage.
L’essentiel à retenir
Qu’est-ce que Samhain ? C’est la fête gaélique du 1er novembre, et elle commence dès la veille au soir. Dans l’Irlande médiévale, c’est l’une des quatre grandes fêtes de l’année : un temps d’assemblées et de festins, où les récits ouvrent les portes de l’Autre Monde.
Samhain, c’est Halloween ? Pas tout à fait. Halloween est la veille de la Toussaint, All Hallows’ Eve, et ses coutumes irlandaises et écossaises ont traversé l’Atlantique avant d’arriver jusqu’à nous. Rien ne prouve, en revanche, que la Toussaint ait été placée au 1er novembre pour recouvrir Samhain.
Qui la fête aujourd’hui ? Les wiccans, les sorcières et les druides d’aujourd’hui. Depuis le milieu du XXe siècle, elle compte parmi leurs grandes fêtes : pour les uns, c’est le Nouvel An des sorcières ; pour beaucoup, une nuit des ancêtres.
Comment la célébrer ? En dressant une table pour les absents, en leur servant un verre et en disant leurs noms à voix haute.
Une nuit de Samhain, dans un vieux récit irlandais, un pendu demande à boire. L’homme qui le porte sur son dos va de maison en maison, et ce qui se passe derrière la troisième porte n’a rien d’une fête. Aujourd’hui, cette même nuit, on dresse une table et l’on sert un verre à ceux qui ne sont plus là. Entre les deux, le mort a changé de visage.
L’essentiel à retenir
Qu’est-ce que Samhain ? C’est la fête gaélique du 1er novembre, et elle commence dès la veille au soir. Dans l’Irlande médiévale, c’est l’une des quatre grandes fêtes de l’année : un temps d’assemblées et de festins, où les récits ouvrent les portes de l’Autre Monde.
Samhain, c’est Halloween ? Pas tout à fait. Halloween est la veille de la Toussaint, All Hallows’ Eve, et ses coutumes irlandaises et écossaises ont traversé l’Atlantique avant d’arriver jusqu’à nous. Rien ne prouve, en revanche, que la Toussaint ait été placée au 1er novembre pour recouvrir Samhain.
Qui la fête aujourd’hui ? Les wiccans, les sorcières et les druides d’aujourd’hui. Depuis le milieu du XXe siècle, elle compte parmi leurs grandes fêtes : pour les uns, c’est le Nouvel An des sorcières ; pour beaucoup, une nuit des ancêtres.
Comment la célébrer ? En dressant une table pour les absents, en leur servant un verre et en disant leurs noms à voix haute.

Sept jours d’assemblée
Selon La Maladie de Cúchulainn, les gens d’Ulster se réunissaient trois jours avant Samhain, le jour même et trois jours après. Le feu sur la colline est une image d’évocation.
Sept jours d’assemblée
Selon La Maladie de Cúchulainn, les gens d’Ulster se réunissaient trois jours avant Samhain, le jour même et trois jours après. Le feu sur la colline est une image d’évocation.
Le récit
Le mort qui avait soif
Une épée à poignée d’or, pour qui osera sortir dans la nuit.
Le récit vient d’Irlande et s’appelle Echtra Nerai, « L’Aventure de Nera ». Des copistes l’ont mis par écrit à la fin du Moyen Âge, dans une langue plus ancienne que leurs manuscrits. L’action se passe la nuit de Samhain à Cruachan, la forteresse d’Ailill et de Medb, roi et reine du Connacht, dans l’ouest de l’île. Le roi lance un défi à ses gens, et l’histoire part de celui qui le relève.
Deux captifs ont été pendus la veille. Ailill promet son épée à qui ira nouer un lien d’osier autour du pied de l’un d’eux. Mais la nuit de Samhain est pleine de terreurs, et ceux qui sortent reviennent sans avoir rien noué.
Nera y va.
Il noue le lien. Le lien glisse. Trois fois.
Alors c’est le pendu qui parle : que Nera plante une cheville, et le nœud tiendra. Puis il demande autre chose. Il avait grand soif quand on l’a pendu. Que Nera le porte jusqu’à de l’eau.
Nera le prend sur son dos.
La première maison est entourée d’un lac de feu. La deuxième, d’un lac d’eau. La troisième n’a rien autour d’elle.
À l’intérieur sont restés une cuve d’eau de lavage, une cuve d’eau de bain et un seau d’eaux sales. Le mort boit à chacun. La dernière gorgée, il la crache au visage des gens qui dorment là.
Ils meurent tous.
Nera le rapporte à son gibet.
⁂
Le conteur en tire un conseil de ménage : une fois qu’on est couché, il n’est pas bon de laisser dans la maison de l’eau de lavage, de l’eau de bain, un seau d’eaux sales ou un feu non couvert.
Le mort de Samhain a soif.
Et sa soif tue.
À Cruachan, personne n’aurait dressé la table pour ce mort-là. D’autres récits et d’autres coutumes donneront aux morts d’autres visages, jusqu’aux absents qu’on invite aujourd’hui à table, sans qu’une ligne droite mène de l’un à l’autre. Il faut d’abord savoir ce qu’était cette nuit pour ceux qui racontaient Nera.
Le récit
Le mort qui avait soif
Une épée à poignée d’or, pour qui osera sortir dans la nuit.
Le récit vient d’Irlande et s’appelle Echtra Nerai, « L’Aventure de Nera ». Des copistes l’ont mis par écrit à la fin du Moyen Âge, dans une langue plus ancienne que leurs manuscrits. L’action se passe la nuit de Samhain à Cruachan, la forteresse d’Ailill et de Medb, roi et reine du Connacht, dans l’ouest de l’île. Le roi lance un défi à ses gens, et l’histoire part de celui qui le relève.
Deux captifs ont été pendus la veille. Ailill promet son épée à qui ira nouer un lien d’osier autour du pied de l’un d’eux. Mais la nuit de Samhain est pleine de terreurs, et ceux qui sortent reviennent sans avoir rien noué.
Nera y va.
Il noue le lien. Le lien glisse. Trois fois.
Alors c’est le pendu qui parle : que Nera plante une cheville, et le nœud tiendra. Puis il demande autre chose. Il avait grand soif quand on l’a pendu. Que Nera le porte jusqu’à de l’eau.
Nera le prend sur son dos.
La première maison est entourée d’un lac de feu. La deuxième, d’un lac d’eau. La troisième n’a rien autour d’elle.
À l’intérieur sont restés une cuve d’eau de lavage, une cuve d’eau de bain et un seau d’eaux sales. Le mort boit à chacun. La dernière gorgée, il la crache au visage des gens qui dorment là.
Ils meurent tous.
Nera le rapporte à son gibet.
⁂
Le conteur en tire un conseil de ménage : une fois qu’on est couché, il n’est pas bon de laisser dans la maison de l’eau de lavage, de l’eau de bain, un seau d’eaux sales ou un feu non couvert.
Le mort de Samhain a soif.
Et sa soif tue.
À Cruachan, personne n’aurait dressé la table pour ce mort-là. D’autres récits et d’autres coutumes donneront aux morts d’autres visages, jusqu’aux absents qu’on invite aujourd’hui à table, sans qu’une ligne droite mène de l’un à l’autre. Il faut d’abord savoir ce qu’était cette nuit pour ceux qui racontaient Nera.
L’enquête
Une nuit où les collines s’ouvrent
Pour les conteurs irlandais, Samhain est d’abord un rendez-vous. Un récit d’amour, Tochmarc Emire (« La Courtise d’Emer »), nomme les quatre grandes fêtes de l’année : Samain (l’ancienne graphie de Samhain), Imbolc, Beltaine et Lugnasad (celle de Lughnasadh, la fête d’août). Le même texte donne au nom de Samhain une étymologie de clerc, « la fin de l’été ». On en discute encore. On le prononce à peu près « saou-ine ».
On s’y rassemble, on y mange, on y boit. La Maladie de Cúchulainn s’ouvre sur l’assemblée que les guerriers d’Ulster, la province du nord, tenaient chaque année autour de Samhain.
C’est enfin la nuit où s’ouvrent les síd, les tertres où vit le peuple de l’Autre Monde. Ses habitants en sortent, et des vivants y entrent.
Une scène dit cette nuit mieux qu’un traité. Elle vient de Cath Maige Tuired, « La Seconde Bataille de Mag Tuired ». Un jour de Samhain, le Dagda, l’un des grands dieux irlandais, rencontre la Morrígan, déesse de la guerre et des présages, au bord de l’Unshin, une rivière du Connacht. Elle se lave, un pied sur chaque rive. Ils s’unissent, à la veille de la bataille.
L’enquête
Une nuit où les collines s’ouvrent
Pour les conteurs irlandais, Samhain est d’abord un rendez-vous. Un récit d’amour, Tochmarc Emire (« La Courtise d’Emer »), nomme les quatre grandes fêtes de l’année : Samain (l’ancienne graphie de Samhain), Imbolc, Beltaine et Lugnasad (celle de Lughnasadh, la fête d’août). Le même texte donne au nom de Samhain une étymologie de clerc, « la fin de l’été ». On en discute encore. On le prononce à peu près « saou-ine ».
On s’y rassemble, on y mange, on y boit. La Maladie de Cúchulainn s’ouvre sur l’assemblée que les guerriers d’Ulster, la province du nord, tenaient chaque année autour de Samhain.
C’est enfin la nuit où s’ouvrent les síd, les tertres où vit le peuple de l’Autre Monde. Ses habitants en sortent, et des vivants y entrent.
Une scène dit cette nuit mieux qu’un traité. Elle vient de Cath Maige Tuired, « La Seconde Bataille de Mag Tuired ». Un jour de Samhain, le Dagda, l’un des grands dieux irlandais, rencontre la Morrígan, déesse de la guerre et des présages, au bord de l’Unshin, une rivière du Connacht. Elle se lave, un pied sur chaque rive. Ils s’unissent, à la veille de la bataille.

La cousine du corbeau
Dans les récits irlandais, l’oiseau de la guerre est surtout la corneille. Selon les textes, Badb est une sœur ou un autre visage de la Morrígan, et son nom désigne la corneille de bataille. La Morrígan elle-même prend forme d’oiseau.
La cousine du corbeau
Dans les récits irlandais, l’oiseau de la guerre est surtout la corneille. Selon les textes, Badb est une sœur ou un autre visage de la Morrígan, et son nom désigne la corneille de bataille. La Morrígan elle-même prend forme d’oiseau.
Pas un mot, dans tout cela, sur des morts qu’on attendrait.
Chez les conteurs, Samhain ouvre d’abord des collines. La frontière avec le pays des morts n’y est pourtant jamais tout à fait nette : certains de ces síd sont d’anciennes tombes de pierre, bien plus vieilles que les récits, et le conte de Nera, qui commence par un pendu qui parle, finit sous une colline.
Pas un mot, dans tout cela, sur des morts qu’on attendrait.
Chez les conteurs, Samhain ouvre d’abord des collines. La frontière avec le pays des morts n’y est pourtant jamais tout à fait nette : certains de ces síd sont d’anciennes tombes de pierre, bien plus vieilles que les récits, et le conte de Nera, qui commence par un pendu qui parle, finit sous une colline.
Le récit
Nera sous la colline
Reprenons le conte au moment où Nera, son mort rendu au gibet, repart vers Cruachan.
Devant lui, la forteresse est en flammes. Une troupe venue du tertre a coupé les têtes des gens d’Ailill. Nera la suit, et entre avec elle dans la colline de Cruachan.
Là-dessous, on lui donne une femme et une maison. Chaque jour, il porte du bois au roi du tertre.
C’est la femme qui lui explique ce qu’il a vu. Le fort en flammes n’a pas encore brûlé : il brûlera à la Samhain prochaine, si personne ne prévient Ailill. Elle lui montre aussi où le peuple du tertre cache un trésor : une couronne.
Nera ressort.
Au fort, les gens sont toujours assis autour d’un chaudron. Comme si le temps s’était arrêté.
Il lui faut une preuve. Nera rapporte de l’ail des ours, une primevère, une fougère dorée : des plantes de l’été, en pleine nuit de novembre.
À la Samhain suivante, les hommes du Connacht entrent dans le tertre et emportent la couronne. Nera, lui, y retourne vivre auprès de sa femme. Il n’en ressortira pas, dit le conte, avant le Jugement.
Le síd des conteurs garde l’été au fond d’une colline, et l’on en revient les mains pleines de primevères. Les morts qu’on attend, ceux à qui l’on garde le feu, entrent dans cette nuit par un autre chemin, celui des églises.
Le récit
Nera sous la colline
Reprenons le conte au moment où Nera, son mort rendu au gibet, repart vers Cruachan.
Devant lui, la forteresse est en flammes. Une troupe venue du tertre a coupé les têtes des gens d’Ailill. Nera la suit, et entre avec elle dans la colline de Cruachan.
Là-dessous, on lui donne une femme et une maison. Chaque jour, il porte du bois au roi du tertre.
C’est la femme qui lui explique ce qu’il a vu. Le fort en flammes n’a pas encore brûlé : il brûlera à la Samhain prochaine, si personne ne prévient Ailill. Elle lui montre aussi où le peuple du tertre cache un trésor : une couronne.
Nera ressort.
Au fort, les gens sont toujours assis autour d’un chaudron. Comme si le temps s’était arrêté.
Il lui faut une preuve. Nera rapporte de l’ail des ours, une primevère, une fougère dorée : des plantes de l’été, en pleine nuit de novembre.
À la Samhain suivante, les hommes du Connacht entrent dans le tertre et emportent la couronne. Nera, lui, y retourne vivre auprès de sa femme. Il n’en ressortira pas, dit le conte, avant le Jugement.
Le síd des conteurs garde l’été au fond d’une colline, et l’on en revient les mains pleines de primevères. Les morts qu’on attend, ceux à qui l’on garde le feu, entrent dans cette nuit par un autre chemin, celui des églises.
L’enquête
Des morts qu’on attendait
Au IXe siècle, l’Occident carolingien adopte le 1er novembre pour fêter tous les saints. Vers 1030, Odilon, abbé de Cluny, en Bourgogne, institue le lendemain la commémoration des défunts, que d’autres églises reprennent ensuite. On a longtemps répété que l’Église avait posé sa Toussaint sur Samhain pour l’effacer. Les historiens en doutent : vers 800, en Irlande même, les martyrologes des moines inscrivaient au 20 avril une fête de tous les saints d’Europe. Ils ne disent pas que toute l’île la célébrait ce jour-là, mais ils ne la placent pas en novembre.
Avec la nuit des âmes, la veille du jour des Morts, le mort change de visage. Ce n’est plus le pendu qui crache au visage des vivants, mais une âme du purgatoire qui rentre chez elle et qu’on aide de ses prières. Dans les fermes irlandaises, rapportent les folkloristes du XXe siècle, on lui laissait cette nuit-là le feu couvert, un peu de nourriture, une porte qu’on ne verrouillait pas.
On s’y méfiait aussi de l’eau des pieds gardée la nuit dans la maison. La ressemblance avec le conseil du conte de Nera saute aux yeux, mais personne n’a montré que la coutume descende du conte.
Dans ces fermes, le mort n’est plus seulement redouté : il est attendu.
On ne lui ferme plus la porte.
Un soir plus tôt, la veille de la Toussaint, Halloween ne se passait pas qu’en prières. On y jouait. En 1785, le poète écossais Robert Burns consacre tout un poème, « Halloween », publié l’année suivante, aux jeux d’une veillée paysanne : les choux qu’on arrache, la pomme qu’on mange devant le miroir, et les noix. La maîtresse de maison partage sa réserve. On en pose deux près des braises, une pour soi, une pour l’élu, et si elles brûlent côte à côte, l’affaire est bonne. Une jeune fille, Jean, y glisse la sienne et celle de son amoureux, Jock. Elles flambent ensemble, jusqu’à ce que, fuff!, celle de Jock file par la cheminée. Jean en a le cœur bien triste, dit le poème.
Pas un mort à l’horizon : la seule question de ces jeux, c’est qui épousera qui. Les noix, elles, ont une vie plus lente dans la liqueur de noix du liquoriste.
« La citrouille est américaine ; la lanterne, gaélique. »
Le Grimoire de L’Alchymiste
À la même fête, en Irlande et en Écosse, on creusait aussi des navets pour en faire des lanternes. Au XIXe siècle, les émigrants emportent leurs coutumes en Amérique. Dans la seconde moitié du siècle, la citrouille, plus grosse et plus tendre, y prend la place du navet. Halloween arrive sur le continent européen à la fin du XXe siècle, avec son orange.
Quiconque a déjà tenté d’évider un navet cru à la petite cuillère comprend l’émigrant. La citrouille est américaine ; la lanterne, gaélique.
L’enquête
Des morts qu’on attendait
Au IXe siècle, l’Occident carolingien adopte le 1er novembre pour fêter tous les saints. Vers 1030, Odilon, abbé de Cluny, en Bourgogne, institue le lendemain la commémoration des défunts, que d’autres églises reprennent ensuite. On a longtemps répété que l’Église avait posé sa Toussaint sur Samhain pour l’effacer. Les historiens en doutent : vers 800, en Irlande même, les martyrologes des moines inscrivaient au 20 avril une fête de tous les saints d’Europe. Ils ne disent pas que toute l’île la célébrait ce jour-là, mais ils ne la placent pas en novembre.
Avec la nuit des âmes, la veille du jour des Morts, le mort change de visage. Ce n’est plus le pendu qui crache au visage des vivants, mais une âme du purgatoire qui rentre chez elle et qu’on aide de ses prières. Dans les fermes irlandaises, rapportent les folkloristes du XXe siècle, on lui laissait cette nuit-là le feu couvert, un peu de nourriture, une porte qu’on ne verrouillait pas.
On s’y méfiait aussi de l’eau des pieds gardée la nuit dans la maison. La ressemblance avec le conseil du conte de Nera saute aux yeux, mais personne n’a montré que la coutume descende du conte.
Dans ces fermes, le mort n’est plus seulement redouté : il est attendu.
On ne lui ferme plus la porte.
Un soir plus tôt, la veille de la Toussaint, Halloween ne se passait pas qu’en prières. On y jouait. En 1785, le poète écossais Robert Burns consacre tout un poème, « Halloween », publié l’année suivante, aux jeux d’une veillée paysanne : les choux qu’on arrache, la pomme qu’on mange devant le miroir, et les noix. La maîtresse de maison partage sa réserve. On en pose deux près des braises, une pour soi, une pour l’élu, et si elles brûlent côte à côte, l’affaire est bonne. Une jeune fille, Jean, y glisse la sienne et celle de son amoureux, Jock. Elles flambent ensemble, jusqu’à ce que, fuff!, celle de Jock file par la cheminée. Jean en a le cœur bien triste, dit le poème.
Pas un mort à l’horizon : la seule question de ces jeux, c’est qui épousera qui. Les noix, elles, ont une vie plus lente dans la liqueur de noix du liquoriste.
« La citrouille est américaine ; la lanterne, gaélique. »
Le Grimoire de L’Alchymiste
À la même fête, en Irlande et en Écosse, on creusait aussi des navets pour en faire des lanternes. Au XIXe siècle, les émigrants emportent leurs coutumes en Amérique. Dans la seconde moitié du siècle, la citrouille, plus grosse et plus tendre, y prend la place du navet. Halloween arrive sur le continent européen à la fin du XXe siècle, avec son orange.
Quiconque a déjà tenté d’évider un navet cru à la petite cuillère comprend l’émigrant. La citrouille est américaine ; la lanterne, gaélique.

La lanterne de navet
Le navet a des cousins. À Hinton St George, dans le Somerset anglais, on promène encore fin octobre des lanternes taillées dans des betteraves. La Punkie Night garde le goût des lumières creusées à la main.
La lanterne de navet
Le navet a des cousins. À Hinton St George, dans le Somerset anglais, on promène encore fin octobre des lanternes taillées dans des betteraves. La Punkie Night garde le goût des lumières creusées à la main.
Chez nous, en Belgique, le 1er novembre est un jour férié, et la Toussaint a gardé son chemin de cimetière. On y va en famille, qu’il drache ou non. On fleurit les tombes de chrysanthèmes, on reste un moment devant les noms. Halloween s’y est ajouté depuis quelques décennies, surtout pour les enfants.
Les citrouilles sur le seuil, les chrysanthèmes sur les tombes.
La même nuit tient les deux.
Une troisième façon de vivre cette nuit est née au XXe siècle, en Angleterre puis en Californie, chez ceux qui en ont fait le seuil de leur année ou la fête de leurs ancêtres.
Chez nous, en Belgique, le 1er novembre est un jour férié, et la Toussaint a gardé son chemin de cimetière. On y va en famille, qu’il drache ou non. On fleurit les tombes de chrysanthèmes, on reste un moment devant les noms. Halloween s’y est ajouté depuis quelques décennies, surtout pour les enfants.
Les citrouilles sur le seuil, les chrysanthèmes sur les tombes.
La même nuit tient les deux.
Une troisième façon de vivre cette nuit est née au XXe siècle, en Angleterre puis en Californie, chez ceux qui en ont fait le seuil de leur année ou la fête de leurs ancêtres.
Les traditions
Le Nouvel An des sorcières
San Francisco, fin des années 1970. Reclaiming, une communauté de sorcières de la ville, tient depuis lors chaque année un rituel de Samhain. On y lit à voix haute les noms des morts de l’année, devant un autel des ancêtres ouvert à tous, avant une grande danse en spirale. Le rituel porte le nom du livre que Starhawk, sorcière et autrice californienne, publie en 1979 : The Spiral Dance.
Il ne s’agit pas de traditions anciennes, mais d’une grammaire contemporaine, que chacun est libre d’utiliser ou non. Dans le calendrier de Starhawk, Samhain ouvre l’année.
Gerald Gardner fait connaître la Wicca, une religion moderne de la sorcellerie, en Angleterre dans les années 1950. Samhain, qu’il appelle encore Hallowe’en, y devient l’un des quatre grands sabbats. L’idée savante d’une année celtique ouverte en novembre y prend plus tard la forme du Nouvel An des sorcières : une année qui commence par sa moitié sombre, comme les Gaulois, selon César, faisaient commencer le jour par la nuit.
Le drame de la saison est celui de la Descente. La Déesse de la Wicca descend chez le Seigneur de la mort pour apprendre. Janet et Stewart Farrar, un couple de wiccans anglais, ont placé cette Descente en 1981 au cœur de leur rituel de Samhain, dans Eight Sabbats for Witches.
Deux figures tiennent cette nuit. La Cailleach, la vieille femme de l’hiver des contes écossais, règne de Samhain jusqu’au retour de mai, du moins dans la version que Donald Mackenzie en a réécrite en 1917. Et la Morrígan du bord de l’Unshin est aujourd’hui très honorée dans le paganisme d’inspiration celtique.
Beaucoup de druides d’aujourd’hui écrivent Samhuinn, à l’écossaise, et en font la fête des ancêtres depuis que Ross Nichols a fondé en Angleterre, en 1964, l’Ordre des bardes, ovates et druides. Aux États-Unis, il y a aussi l’ADF, Ár nDraíocht Féin (« notre propre druidisme »), fondée par Isaac Bonewits en 1983. Ses druides versent volontiers à boire à leurs ancêtres, bière ou hydromel, dans le feu ou dans un puits.
« Le voile entre les mondes est le plus mince », dit la tradition moderne. Les conteurs irlandais, eux, disaient que les collines s’ouvraient. Les deux images se tiennent, chacune dans sa langue.
Là où le conteur montrait un mort qui cherche à boire de porte en porte, la sorcière d’aujourd’hui dresse la table et appelle les siens par leur prénom. On ouvre à ceux qu’on nomme, et le cercle tracé autour du rituel garde la limite pour les autres. « Ce dont on se souvient vit », répètent beaucoup de néopaïens.
Les alchimistes, eux, ne parlent pas de Samhain. Leur langue a pourtant un mot pour ce passage par le noir : la nigredo, l’œuvre au noir, où la matière doit noircir avant de se transformer. Le psychiatre Carl Gustav Jung l’a lue en 1944 comme une traversée de l’ombre.
Nous le savons à l’atelier : une macération demande du temps et de l’obscurité, et vient toujours le moment de retirer les fruits et les écorces qui ont tout donné. Les alchimistes appelaient caput mortuum, la « tête morte », ce qui reste au fond du vase. Pour nous, c’est la preuve que la matière a travaillé, et l’alambic, lui aussi, laisse des choses derrière lui.
On garde le goût. On laisse le marc.
À ce qu’on garde de ceux qui sont partis, on peut faire une place. Ce soir, par exemple, à table.
Les traditions
Le Nouvel An des sorcières
San Francisco, fin des années 1970. Reclaiming, une communauté de sorcières de la ville, tient depuis lors chaque année un rituel de Samhain. On y lit à voix haute les noms des morts de l’année, devant un autel des ancêtres ouvert à tous, avant une grande danse en spirale. Le rituel porte le nom du livre que Starhawk, sorcière et autrice californienne, publie en 1979 : The Spiral Dance.
Il ne s’agit pas de traditions anciennes, mais d’une grammaire contemporaine, que chacun est libre d’utiliser ou non. Dans le calendrier de Starhawk, Samhain ouvre l’année.
Gerald Gardner fait connaître la Wicca, une religion moderne de la sorcellerie, en Angleterre dans les années 1950. Samhain, qu’il appelle encore Hallowe’en, y devient l’un des quatre grands sabbats. L’idée savante d’une année celtique ouverte en novembre y prend plus tard la forme du Nouvel An des sorcières : une année qui commence par sa moitié sombre, comme les Gaulois, selon César, faisaient commencer le jour par la nuit.
Le drame de la saison est celui de la Descente. La Déesse de la Wicca descend chez le Seigneur de la mort pour apprendre. Janet et Stewart Farrar, un couple de wiccans anglais, ont placé cette Descente en 1981 au cœur de leur rituel de Samhain, dans Eight Sabbats for Witches.
Deux figures tiennent cette nuit. La Cailleach, la vieille femme de l’hiver des contes écossais, règne de Samhain jusqu’au retour de mai, du moins dans la version que Donald Mackenzie en a réécrite en 1917. Et la Morrígan du bord de l’Unshin est aujourd’hui très honorée dans le paganisme d’inspiration celtique.
Beaucoup de druides d’aujourd’hui écrivent Samhuinn, à l’écossaise, et en font la fête des ancêtres depuis que Ross Nichols a fondé en Angleterre, en 1964, l’Ordre des bardes, ovates et druides. Aux États-Unis, il y a aussi l’ADF, Ár nDraíocht Féin (« notre propre druidisme »), fondée par Isaac Bonewits en 1983. Ses druides versent volontiers à boire à leurs ancêtres, bière ou hydromel, dans le feu ou dans un puits.
« Le voile entre les mondes est le plus mince », dit la tradition moderne. Les conteurs irlandais, eux, disaient que les collines s’ouvraient. Les deux images se tiennent, chacune dans sa langue.
Là où le conteur montrait un mort qui cherche à boire de porte en porte, la sorcière d’aujourd’hui dresse la table et appelle les siens par leur prénom. On ouvre à ceux qu’on nomme, et le cercle tracé autour du rituel garde la limite pour les autres. « Ce dont on se souvient vit », répètent beaucoup de néopaïens.
Les alchimistes, eux, ne parlent pas de Samhain. Leur langue a pourtant un mot pour ce passage par le noir : la nigredo, l’œuvre au noir, où la matière doit noircir avant de se transformer. Le psychiatre Carl Gustav Jung l’a lue en 1944 comme une traversée de l’ombre.
Nous le savons à l’atelier : une macération demande du temps et de l’obscurité, et vient toujours le moment de retirer les fruits et les écorces qui ont tout donné. Les alchimistes appelaient caput mortuum, la « tête morte », ce qui reste au fond du vase. Pour nous, c’est la preuve que la matière a travaillé, et l’alambic, lui aussi, laisse des choses derrière lui.
On garde le goût. On laisse le marc.
À ce qu’on garde de ceux qui sont partis, on peut faire une place. Ce soir, par exemple, à table.
Les gestes
La table des absents
Débarrassez un coin de table ou d’étagère. Posez-y une bougie, quelques pommes, des noix, et un objet qu’a tenu quelqu’un qui vous manque : sa montre, sa tasse, ses lunettes. Ce sont des gestes d’aujourd’hui, à composer à votre façon. Allumez la bougie au crépuscule, puisque la fête commence la veille au soir.
Les gestes
La table des absents
Débarrassez un coin de table ou d’étagère. Posez-y une bougie, quelques pommes, des noix, et un objet qu’a tenu quelqu’un qui vous manque : sa montre, sa tasse, ses lunettes. Ce sont des gestes d’aujourd’hui, à composer à votre façon. Allumez la bougie au crépuscule, puisque la fête commence la veille au soir.

L’étoile dans la pomme
Coupez une pomme en travers, et non de la queue à l’œil : les pépins dessinent une étoile à cinq branches. La tradition wiccane y lit le pentacle.
L’étoile dans la pomme
Coupez une pomme en travers, et non de la queue à l’œil : les pépins dessinent une étoile à cinq branches. La tradition wiccane y lit le pentacle.
Puis, au repas, mettez un couvert de plus. Une assiette, une chaise, et un verre.
Servez ce verre en premier, de ce que cette personne aimait boire, ou d’eau claire. Laissez passer quelques minutes sans parler, le temps que chacun pense à quelqu’un. Ce silence laisse parfois monter un merci qu’on n’avait pas eu le temps de dire, ou un chagrin qui trouve enfin où se poser. Et quand un enfant demande pour qui est la chaise, on se met à raconter : c’est souvent ainsi qu’une mémoire de famille passe d’une génération à l’autre. Le verre reste plein toute la soirée. Au matin, il ira à la terre, au pied d’un arbre ou dans un pot.
Si vous le décidez ainsi, personne n’y touche.
Ce soir, c’est sa place.
Ce couvert pour l’absent a une drôle d’histoire. En Angleterre comme dans les monts Ozark, aux États-Unis, le dumb supper, le « repas muet », était un jeu de jeunes filles : on dressait la table en silence, à minuit, pour voir apparaître son futur mari. Les païens d’aujourd’hui en ont fait un repas pour les morts. Un vieux jeu d’amoureux est devenu la table des absents, et le verre qu’on y pose a sa propre histoire, que nous racontons dans Boire, un geste de passage.
Le verser à la terre au matin, c’est notre proposition. Les druides de l’ADF versent eux aussi leurs offrandes à boire, au feu ou au puits, et les rituels wiccans se ferment sur une coupe dont on verse une part. Nous le croyons à l’atelier : une boisson peut devenir le support d’un souvenir, comme la bouteille qu’un grand-père ne sortait qu’aux grandes tablées et dont l’étiquette, à elle seule, suffit à le faire revenir.
Pendant le repas, chacun à son tour dit un nom à voix haute. Pour chaque nom, posez une noix dans un bol, ou allumez une petite bougie à la flamme de la table. Ajoutez une phrase : ce qu’il disait, ce qu’elle cuisinait, comment il riait. Comme à San Francisco, chez Reclaiming.
« Ce dont on se souvient vit. »
Formule répandue chez les païens d’aujourd’hui
Gardez deux noix pour le jeu de Burns. Posez-les côte à côte près des braises, dans la cheminée ou dans un récipient de métal, et regardez si elles brûlent ensemble ou si l’une file. Sans feu, une variante de notre cru : posez-les côte à côte sur la table, donnez-leur une petite poussée, et regardez si elles roulent de concert ou si l’une s’en va de son côté. On rit. Puis, si le cœur vous en dit, écrivez sur un papier ce que vous laissez derrière vous avec l’année qui finit, et confiez-le au même feu ; ou pliez-le et glissez-le sous la bougie une fois soufflée, avant de l’enterrer au matin, au pied de l’arbre qui recevra le verre.
Dès le début du repas, posez aussi une lumière près d’une fenêtre côté rue. C’est une proposition d’aujourd’hui, inspirée du feu que les fermes irlandaises laissaient couvert, la nuit des âmes, pour ceux qui rentraient.
La lanterne indique le chemin.
Le verre attend au bout.
Puis, au repas, mettez un couvert de plus. Une assiette, une chaise, et un verre.
Servez ce verre en premier, de ce que cette personne aimait boire, ou d’eau claire. Laissez passer quelques minutes sans parler, le temps que chacun pense à quelqu’un. Ce silence laisse parfois monter un merci qu’on n’avait pas eu le temps de dire, ou un chagrin qui trouve enfin où se poser. Et quand un enfant demande pour qui est la chaise, on se met à raconter : c’est souvent ainsi qu’une mémoire de famille passe d’une génération à l’autre. Le verre reste plein toute la soirée. Au matin, il ira à la terre, au pied d’un arbre ou dans un pot.
Si vous le décidez ainsi, personne n’y touche.
Ce soir, c’est sa place.
Ce couvert pour l’absent a une drôle d’histoire. En Angleterre comme dans les monts Ozark, aux États-Unis, le dumb supper, le « repas muet », était un jeu de jeunes filles : on dressait la table en silence, à minuit, pour voir apparaître son futur mari. Les païens d’aujourd’hui en ont fait un repas pour les morts. Un vieux jeu d’amoureux est devenu la table des absents, et le verre qu’on y pose a sa propre histoire, que nous racontons dans Boire, un geste de passage.
Le verser à la terre au matin, c’est notre proposition. Les druides de l’ADF versent eux aussi leurs offrandes à boire, au feu ou au puits, et les rituels wiccans se ferment sur une coupe dont on verse une part. Nous le croyons à l’atelier : une boisson peut devenir le support d’un souvenir, comme la bouteille qu’un grand-père ne sortait qu’aux grandes tablées et dont l’étiquette, à elle seule, suffit à le faire revenir.
Pendant le repas, chacun à son tour dit un nom à voix haute. Pour chaque nom, posez une noix dans un bol, ou allumez une petite bougie à la flamme de la table. Ajoutez une phrase : ce qu’il disait, ce qu’elle cuisinait, comment il riait. Comme à San Francisco, chez Reclaiming.
« Ce dont on se souvient vit. »
Formule répandue chez les païens d’aujourd’hui
Gardez deux noix pour le jeu de Burns. Posez-les côte à côte près des braises, dans la cheminée ou dans un récipient de métal, et regardez si elles brûlent ensemble ou si l’une file. Sans feu, une variante de notre cru : posez-les côte à côte sur la table, donnez-leur une petite poussée, et regardez si elles roulent de concert ou si l’une s’en va de son côté. On rit. Puis, si le cœur vous en dit, écrivez sur un papier ce que vous laissez derrière vous avec l’année qui finit, et confiez-le au même feu ; ou pliez-le et glissez-le sous la bougie une fois soufflée, avant de l’enterrer au matin, au pied de l’arbre qui recevra le verre.
Dès le début du repas, posez aussi une lumière près d’une fenêtre côté rue. C’est une proposition d’aujourd’hui, inspirée du feu que les fermes irlandaises laissaient couvert, la nuit des âmes, pour ceux qui rentraient.
La lanterne indique le chemin.
Le verre attend au bout.
Épilogue
La mémoire qui veille
La roue tourne. L’équinoxe de Mabon est derrière nous ; devant, les nuits s’allongent jusqu’au solstice. D’un siècle à l’autre, les récits et les coutumes ont donné aux morts des visages différents : celui qu’on redoutait dans les contes, celui pour qui l’on priait dans les fermes, celui à qui l’on garde aujourd’hui une place à table. Trois manières de répondre à la même absence.
Épilogue
La mémoire qui veille
La roue tourne. L’équinoxe de Mabon est derrière nous ; devant, les nuits s’allongent jusqu’au solstice. D’un siècle à l’autre, les récits et les coutumes ont donné aux morts des visages différents : celui qu’on redoutait dans les contes, celui pour qui l’on priait dans les fermes, celui à qui l’on garde aujourd’hui une place à table. Trois manières de répondre à la même absence.

La fleur de novembre
Le chrysanthème est l’une des rares fleurs à s’épanouir en novembre, et à tenir dehors quand les premières gelées ont eu raison des autres. Il a la constance qu’on attend d’une visite.
La fleur de novembre
Le chrysanthème est l’une des rares fleurs à s’épanouir en novembre, et à tenir dehors quand les premières gelées ont eu raison des autres. Il a la constance qu’on attend d’une visite.
Dans le conte, le mort devait chercher à boire de porte en porte, sur le dos d’un vivant, jusqu’au seau d’eaux sales d’une troisième maison.
Aujourd’hui, le verre l’attend avant qu’il ait soif.
Ce soir, avant de souffler la bougie, levez votre verre vers la place vide. Dites un nom à voix haute. Buvez une gorgée.
Tant que nous disons leurs noms, les absents gardent leur place à table.
Dans le conte, le mort devait chercher à boire de porte en porte, sur le dos d’un vivant, jusqu’au seau d’eaux sales d’une troisième maison.
Aujourd’hui, le verre l’attend avant qu’il ait soif.
Ce soir, avant de souffler la bougie, levez votre verre vers la place vide. Dites un nom à voix haute. Buvez une gorgée.
Tant que nous disons leurs noms, les absents gardent leur place à table.
Sources principales
Le récit de Nera est raconté d’après la traduction anglaise de Kuno Meyer (1889). La date de l’institution du 2 novembre par Odilon se lit souvent 998, mais la recherche récente préfère « vers 1030 ». La fête du 20 avril est celle que les martyrologes irlandais, dont celui d’Óengus, consacrent aux saints d’Europe ; ils n’attestent pas une célébration générale dans toute l’Irlande à cette date. Les síd sont, dans les récits, le séjour du peuple de l’Autre Monde plutôt que celui des morts, mais la frontière entre les deux reste floue dans les textes, et plusieurs de ces tertres sont d’anciennes tombes. Burns compose « Halloween » en 1785 et le publie en 1786. Le témoignage de Keating sur Tlachtga est tardif et sans source citée. Les coutumes de la nuit des âmes (feu couvert, nourriture, porte non verrouillée) sont rapportées par les folkloristes du XXe siècle et relèvent de la Toussaint catholique. La Cailleach qui règne de Samhain à Beltaine doit beaucoup à la version réécrite de Donald Mackenzie (1917). Le premier Spiral Dance (Samhain 1979) précède de peu la formation du collectif Reclaiming. Les correspondances et les rituels modernes sont attribués à leurs auteurs. Les illustrations de cet article sont des images d’évocation.
- Kuno Meyer, « The Adventures of Nera », Revue Celtique, 10, 1889.
- Kuno Meyer, « The Wooing of Emer », Archaeological Review, 1, 1888.
- Myles Dillon, Serglige Con Culainn, Dublin Institute for Advanced Studies, 1953 ; Jeffrey Gantz, Early Irish Myths and Sagas, Penguin, 1981.
- Elizabeth A. Gray, Cath Maige Tuired, Irish Texts Society, 1982.
- Whitley Stokes, Félire Óengusso Céli Dé, Henry Bradshaw Society, 1905.
- Geoffrey Keating, Foras Feasa ar Éirinn, éd. David Comyn et Patrick S. Dinneen, Irish Texts Society, 1902-1914.
- Robert Burns, Poems, Chiefly in the Scottish Dialect, Kilmarnock, 1786.
- Kevin Danaher, The Year in Ireland, Mercier Press, 1972.
- Ronald Hutton, The Stations of the Sun, Oxford University Press, 1996 ; The Triumph of the Moon, Oxford University Press, 1999.
- Garrett Olmsted, The Gaulish Calendar, 1992.
- Gearóid Ó Crualaoich, The Book of the Cailleach, Cork University Press, 2003 ; Donald A. Mackenzie, Wonder Tales from Scottish Myth and Legend, 1917 ; Morgan Daimler, The Morrigan: Meeting the Great Queens, Moon Books, 2014.
- Vance Randolph, Ozark Superstitions, Columbia University Press, 1947.
- Margaret Murray, The God of the Witches, 1931 ; Robert Graves, The White Goddess, 1948.
- Gerald Gardner, Witchcraft Today, 1954 ; Janet et Stewart Farrar, Eight Sabbats for Witches, 1981.
- Starhawk, The Spiral Dance, Harper & Row, 1979 ; Starhawk, M. Macha NightMare et le Reclaiming Collective, The Pagan Book of Living and Dying, 1997.
- Scott Cunningham, Encyclopedia of Magical Herbs, 1985 ; Wicca: A Guide for the Solitary Practitioner, 1988.
- Ross Nichols, The Book of Druidry, éd. John Matthews et Philip Carr-Gomm, 1990.
- Aleister Crowley, Liber 777, 1909 ; Carl Gustav Jung, Psychologie und Alchemie, 1944.
Sources principales
Le récit de Nera est raconté d’après la traduction anglaise de Kuno Meyer (1889). La date de l’institution du 2 novembre par Odilon se lit souvent 998, mais la recherche récente préfère « vers 1030 ». La fête du 20 avril est celle que les martyrologes irlandais, dont celui d’Óengus, consacrent aux saints d’Europe ; ils n’attestent pas une célébration générale dans toute l’Irlande à cette date. Les síd sont, dans les récits, le séjour du peuple de l’Autre Monde plutôt que celui des morts, mais la frontière entre les deux reste floue dans les textes, et plusieurs de ces tertres sont d’anciennes tombes. Burns compose « Halloween » en 1785 et le publie en 1786. Le témoignage de Keating sur Tlachtga est tardif et sans source citée. Les coutumes de la nuit des âmes (feu couvert, nourriture, porte non verrouillée) sont rapportées par les folkloristes du XXe siècle et relèvent de la Toussaint catholique. La Cailleach qui règne de Samhain à Beltaine doit beaucoup à la version réécrite de Donald Mackenzie (1917). Le premier Spiral Dance (Samhain 1979) précède de peu la formation du collectif Reclaiming. Les correspondances et les rituels modernes sont attribués à leurs auteurs. Les illustrations de cet article sont des images d’évocation.
- Kuno Meyer, « The Adventures of Nera », Revue Celtique, 10, 1889.
- Kuno Meyer, « The Wooing of Emer », Archaeological Review, 1, 1888.
- Myles Dillon, Serglige Con Culainn, Dublin Institute for Advanced Studies, 1953 ; Jeffrey Gantz, Early Irish Myths and Sagas, Penguin, 1981.
- Elizabeth A. Gray, Cath Maige Tuired, Irish Texts Society, 1982.
- Whitley Stokes, Félire Óengusso Céli Dé, Henry Bradshaw Society, 1905.
- Geoffrey Keating, Foras Feasa ar Éirinn, éd. David Comyn et Patrick S. Dinneen, Irish Texts Society, 1902-1914.
- Robert Burns, Poems, Chiefly in the Scottish Dialect, Kilmarnock, 1786.
- Kevin Danaher, The Year in Ireland, Mercier Press, 1972.
- Ronald Hutton, The Stations of the Sun, Oxford University Press, 1996 ; The Triumph of the Moon, Oxford University Press, 1999.
- Garrett Olmsted, The Gaulish Calendar, 1992.
- Gearóid Ó Crualaoich, The Book of the Cailleach, Cork University Press, 2003 ; Donald A. Mackenzie, Wonder Tales from Scottish Myth and Legend, 1917 ; Morgan Daimler, The Morrigan: Meeting the Great Queens, Moon Books, 2014.
- Vance Randolph, Ozark Superstitions, Columbia University Press, 1947.
- Margaret Murray, The God of the Witches, 1931 ; Robert Graves, The White Goddess, 1948.
- Gerald Gardner, Witchcraft Today, 1954 ; Janet et Stewart Farrar, Eight Sabbats for Witches, 1981.
- Starhawk, The Spiral Dance, Harper & Row, 1979 ; Starhawk, M. Macha NightMare et le Reclaiming Collective, The Pagan Book of Living and Dying, 1997.
- Scott Cunningham, Encyclopedia of Magical Herbs, 1985 ; Wicca: A Guide for the Solitary Practitioner, 1988.
- Ross Nichols, The Book of Druidry, éd. John Matthews et Philip Carr-Gomm, 1990.
- Aleister Crowley, Liber 777, 1909 ; Carl Gustav Jung, Psychologie und Alchemie, 1944.