Une orange entière descend dans le vin blanc, et l'odeur de l'écorce monte. La recette du Vin des Hespérides sort du carnet d'une maman. Son nom vient d'un jardin de la mythologie grecque, gardé par un dragon, et d'une question qu'il fallait bien finir par poser : qu'étaient au juste ces fruits d'or ?
L'essentiel à retenir
D'où vient le Vin des Hespérides ? D'une recette de famille, notée dans le carnet d'une maman. Le nom d'un mythe grec lui a été donné ensuite.
Que sont les pommes d'or du mythe ? Le mythe ne le dit jamais. Les Grecs eux-mêmes ont proposé plusieurs réponses, dont certaines assez inattendues.
Qu'y a-t-il dans la bouteille ? Une boisson aromatisée à base de vin. Le vin est blanc ; des oranges entières, de la cannelle et du girofle font le reste.
Comment le servir ? Bien frais, sans le glacer, à l'apéritif, à table ou en fin de repas.
« Les Hespérides, qui, par-delà l'illustre Océan, ont soin des belles pommes d'or et des arbres qui portent le fruit. »
Hésiode, Théogonie, v. 215-216, vers 700 avant notre ère
Une orange entière descend dans le vin blanc, et l'odeur de l'écorce monte. La recette du Vin des Hespérides sort du carnet d'une maman. Son nom vient d'un jardin de la mythologie grecque, gardé par un dragon, et d'une question qu'il fallait bien finir par poser : qu'étaient au juste ces fruits d'or ?
L'essentiel à retenir
D'où vient le Vin des Hespérides ? D'une recette de famille, notée dans le carnet d'une maman. Le nom d'un mythe grec lui a été donné ensuite.
Que sont les pommes d'or du mythe ? Le mythe ne le dit jamais. Les Grecs eux-mêmes ont proposé plusieurs réponses, dont certaines assez inattendues.
Qu'y a-t-il dans la bouteille ? Une boisson aromatisée à base de vin. Le vin est blanc ; des oranges entières, de la cannelle et du girofle font le reste.
Comment le servir ? Bien frais, sans le glacer, à l'apéritif, à table ou en fin de repas.
« Les Hespérides, qui, par-delà l'illustre Océan, ont soin des belles pommes d'or et des arbres qui portent le fruit. »
Hésiode, Théogonie, v. 215-216, vers 700 avant notre ère
L'écorce au travail
Dans la macération, l'orange garde sa peau. Ce que la main ne retire pas, le vin le prend.
L'écorce au travail
Dans la macération, l'orange garde sa peau. Ce que la main ne retire pas, le vin le prend.
Une orange entière, et un carnet
Une orange, d'habitude, on la presse, on l'épluche ou on la coupe en quartiers.
Ici, on n'en fait rien.
Elle entre entière dans le vin blanc, avec sa peau, en compagnie de la cannelle et du girofle. Puis on la laisse faire. Peu à peu, l'écorce cède au vin ce parfum vif et un peu amer que vous gardez sur les doigts quand vous venez d'éplucher un agrume.
La recette vient du carnet de ma maman, Micheline. Nous avons ensuite choisi le mythe des Hespérides, pour la lumière de ses fruits d'or et le secret de son jardin.
Le carnet a donné la recette. Le mythe a donné le nom.
Restait une question, celle qu'on se pose un jour devant l'étiquette : ces fruits d'or, qu'étaient-ils ? Pour y répondre, il faut entrer dans le jardin, puis suivre son nom de fruit en fruit, du vieux poète grec Hésiode jusqu'à nos verres.
Une orange entière, et un carnet
Une orange, d'habitude, on la presse, on l'épluche ou on la coupe en quartiers.
Ici, on n'en fait rien.
Elle entre entière dans le vin blanc, avec sa peau, en compagnie de la cannelle et du girofle. Puis on la laisse faire. Peu à peu, l'écorce cède au vin ce parfum vif et un peu amer que vous gardez sur les doigts quand vous venez d'éplucher un agrume.
La recette vient du carnet de ma maman, Micheline. Nous avons ensuite choisi le mythe des Hespérides, pour la lumière de ses fruits d'or et le secret de son jardin.
Le carnet a donné la recette. Le mythe a donné le nom.
Restait une question, celle qu'on se pose un jour devant l'étiquette : ces fruits d'or, qu'étaient-ils ? Pour y répondre, il faut entrer dans le jardin, puis suivre son nom de fruit en fruit, du vieux poète grec Hésiode jusqu'à nos verres.
Les filles du soir et leurs pommes d'or
Les Hespérides portent un nom venu du soir. Ce sont des nymphes, des divinités de la nature. Vers 700 avant notre ère, Hésiode en fait les filles de la Nuit et les installe au bout du monde, au-delà de l'Océan, près de l'endroit où Atlas, un Titan, soutient le ciel. Elles y gardent des pommes d'or.
Ces pommes avaient été offertes par la Terre, la déesse Gaïa, pour les noces de Zeus, le roi des dieux, et d'Héra. Un jour, un homme vient les prendre : Héraclès, le héros des douze travaux. Le récit le plus complet de sa visite se lit dans la Bibliothèque, un recueil de mythes grecs attribué à Apollodore et composé dans les premiers siècles de notre ère.
Héraclès doit obéissance au roi Eurysthée, et Eurysthée lui ordonne de rapporter les pommes d'or. Elles poussent loin des hommes, sous la garde d'un dragon immortel à cent têtes, qui parle avec toutes sortes de voix, et de quatre Hespérides : Aiglé, Érythie, Hespéria et Aréthuse.
Le Titan Prométhée donne un conseil au héros : ne pas aller lui-même au jardin, mais y envoyer Atlas. Héraclès prend donc le ciel à sa place, et Atlas part cueillir.
Atlas revient avec trois pommes. Il propose alors de les porter lui-même à Eurysthée.
Le ciel, lui, resterait où il était.
Héraclès fait mine d'accepter. Il demande seulement à Atlas de reprendre le ciel un instant, le temps de se poser un coussinet sur la tête.
Atlas pose les pommes et reprend le ciel.
Héraclès ramasse les pommes et s'en va.
Elles ne resteront pas chez les hommes. La déesse Athéna les rapportera au jardin, car il n'est pas permis qu'elles soient déposées ailleurs.
⁂
Voilà le mythe tel que le raconte Apollodore. Il signale lui-même que d'autres versions font cueillir les pommes par Héraclès en personne, qui tue d'abord le dragon. Bien avant lui, au IIIᵉ siècle avant notre ère, le poète Apollonios de Rhodes montrait le jardin au lendemain du passage du héros. Le gardien y est un serpent, et il porte un nom : Ladon. Il gît contre le tronc du pommier, et seul le bout de sa queue tressaille encore. Tout près, les Hespérides se lamentent, les bras posés sur leurs têtes blondes.
« Vingt-quatre siècles avant nous, un agrume faisait déjà penser au jardin. »
Le fruit, pourtant, aucun de ces auteurs ne le décrit. Ils disent « pommes », ils disent « or », et ils passent à la suite.
Des pommes ? Les Grecs eux-mêmes n'en étaient pas si sûrs.
Les filles du soir et leurs pommes d'or
Les Hespérides portent un nom venu du soir. Ce sont des nymphes, des divinités de la nature. Vers 700 avant notre ère, Hésiode en fait les filles de la Nuit et les installe au bout du monde, au-delà de l'Océan, près de l'endroit où Atlas, un Titan, soutient le ciel. Elles y gardent des pommes d'or.
Ces pommes avaient été offertes par la Terre, la déesse Gaïa, pour les noces de Zeus, le roi des dieux, et d'Héra. Un jour, un homme vient les prendre : Héraclès, le héros des douze travaux. Le récit le plus complet de sa visite se lit dans la Bibliothèque, un recueil de mythes grecs attribué à Apollodore et composé dans les premiers siècles de notre ère.
Héraclès doit obéissance au roi Eurysthée, et Eurysthée lui ordonne de rapporter les pommes d'or. Elles poussent loin des hommes, sous la garde d'un dragon immortel à cent têtes, qui parle avec toutes sortes de voix, et de quatre Hespérides : Aiglé, Érythie, Hespéria et Aréthuse.
Le Titan Prométhée donne un conseil au héros : ne pas aller lui-même au jardin, mais y envoyer Atlas. Héraclès prend donc le ciel à sa place, et Atlas part cueillir.
Atlas revient avec trois pommes. Il propose alors de les porter lui-même à Eurysthée.
Le ciel, lui, resterait où il était.
Héraclès fait mine d'accepter. Il demande seulement à Atlas de reprendre le ciel un instant, le temps de se poser un coussinet sur la tête.
Atlas pose les pommes et reprend le ciel.
Héraclès ramasse les pommes et s'en va.
Elles ne resteront pas chez les hommes. La déesse Athéna les rapportera au jardin, car il n'est pas permis qu'elles soient déposées ailleurs.
⁂
Voilà le mythe tel que le raconte Apollodore. Il signale lui-même que d'autres versions font cueillir les pommes par Héraclès en personne, qui tue d'abord le dragon. Bien avant lui, au IIIᵉ siècle avant notre ère, le poète Apollonios de Rhodes montrait le jardin au lendemain du passage du héros. Le gardien y est un serpent, et il porte un nom : Ladon. Il gît contre le tronc du pommier, et seul le bout de sa queue tressaille encore. Tout près, les Hespérides se lamentent, les bras posés sur leurs têtes blondes.
« Vingt-quatre siècles avant nous, un agrume faisait déjà penser au jardin. »
Le fruit, pourtant, aucun de ces auteurs ne le décrit. Ils disent « pommes », ils disent « or », et ils passent à la suite.
Des pommes ? Les Grecs eux-mêmes n'en étaient pas si sûrs.
Un jardin imaginé
Ovide donne à l'arbre d'Atlas des feuilles, des branches et des fruits d'or, sans jamais dire de quel fruit il s'agit. Image d'évocation créée pour cet article.
Un jardin imaginé
Ovide donne à l'arbre d'Atlas des feuilles, des branches et des fruits d'or, sans jamais dire de quel fruit il s'agit. Image d'évocation créée pour cet article.
Des pommes qui n'étaient pas des oranges
Imaginez un fruit qu'on ne mange pas, et qu'on garde pourtant comme un trésor, serré dans les coffres avec le linge. C'est ainsi, assure un convive des Deipnosophistes, qu'on traitait le cédrat jusqu'au temps de ses grands-pères. Les Deipnosophistes sont un long banquet de savants qu'Athénée, un lettré grec d'Égypte, a mis par écrit vers l'an 200. Le cédrat, gros agrume venu d'Orient, les Grecs l'appelaient « pomme médique » ou « pomme perse ».
La comédie s'en est mêlée. Au IVᵉ siècle avant notre ère, Antiphane, poète comique à Athènes, fait offrir des fruits à une jeune fille. Ces fruits-là viennent d'arriver à Athènes, lui dit-on, « de chez le Roi », c'est-à-dire du roi des Perses. Elle les trouve beaux, puis ajoute qu'elle s'attendait à l'entendre dire que c'étaient les pommes d'or des Hespérides. Il n'y en a que trois. On lui répond que ce qui est beau est rare partout. Chez Athénée, le convive qui recopie la scène y reconnaît des cédrats.
Vingt-quatre siècles avant nous, un agrume faisait déjà penser au jardin.
Nous sommes en bonne compagnie.
Un roi a voulu en faire une vérité. Juba II, roi de Maurétanie, en Afrique du Nord, au tournant de notre ère, passait pour un grand érudit. Dans ses livres sur la Libye, aujourd'hui perdus, il écrivait que les Libyens appelaient le cédrat « pomme hespérique », et que c'étaient ces fruits-là qu'Héraclès avait rapportés en Grèce. Nous le savons par Athénée, qui fait aussitôt railler Juba par un autre convive : qu'il se régale donc de ses livres libyens !
D'autres lisaient le mythe de façon plus terre à terre encore. L'historien Diodore de Sicile, au Iᵉʳ siècle avant notre ère, rapporte que certains voyaient dans les pommes d'or… des moutons. En grec, le même mot, mêla, désigne les pommes et les moutons.
Le mythe n'a jamais dit quel fruit poussait dans le jardin. Chaque époque y a mis le sien.
L'orange, elle, n'apparaît dans aucun de ces textes. Elle gagnera l'Europe bien plus tard. L'orange amère serait arrivée la première, par le monde arabe, puis la douce, que les navigateurs portugais auraient contribué à répandre.
Les pommes d'or n'étaient pas des oranges.
Ce sont les agrumes qui ont hérité du jardin.
Des pommes qui n'étaient pas des oranges
Imaginez un fruit qu'on ne mange pas, et qu'on garde pourtant comme un trésor, serré dans les coffres avec le linge. C'est ainsi, assure un convive des Deipnosophistes, qu'on traitait le cédrat jusqu'au temps de ses grands-pères. Les Deipnosophistes sont un long banquet de savants qu'Athénée, un lettré grec d'Égypte, a mis par écrit vers l'an 200. Le cédrat, gros agrume venu d'Orient, les Grecs l'appelaient « pomme médique » ou « pomme perse ».
La comédie s'en est mêlée. Au IVᵉ siècle avant notre ère, Antiphane, poète comique à Athènes, fait offrir des fruits à une jeune fille. Ces fruits-là viennent d'arriver à Athènes, lui dit-on, « de chez le Roi », c'est-à-dire du roi des Perses. Elle les trouve beaux, puis ajoute qu'elle s'attendait à l'entendre dire que c'étaient les pommes d'or des Hespérides. Il n'y en a que trois. On lui répond que ce qui est beau est rare partout. Chez Athénée, le convive qui recopie la scène y reconnaît des cédrats.
Vingt-quatre siècles avant nous, un agrume faisait déjà penser au jardin.
Nous sommes en bonne compagnie.
Un roi a voulu en faire une vérité. Juba II, roi de Maurétanie, en Afrique du Nord, au tournant de notre ère, passait pour un grand érudit. Dans ses livres sur la Libye, aujourd'hui perdus, il écrivait que les Libyens appelaient le cédrat « pomme hespérique », et que c'étaient ces fruits-là qu'Héraclès avait rapportés en Grèce. Nous le savons par Athénée, qui fait aussitôt railler Juba par un autre convive : qu'il se régale donc de ses livres libyens !
D'autres lisaient le mythe de façon plus terre à terre encore. L'historien Diodore de Sicile, au Iᵉʳ siècle avant notre ère, rapporte que certains voyaient dans les pommes d'or… des moutons. En grec, le même mot, mêla, désigne les pommes et les moutons.
Le mythe n'a jamais dit quel fruit poussait dans le jardin. Chaque époque y a mis le sien.
L'orange, elle, n'apparaît dans aucun de ces textes. Elle gagnera l'Europe bien plus tard. L'orange amère serait arrivée la première, par le monde arabe, puis la douce, que les navigateurs portugais auraient contribué à répandre.
Les pommes d'or n'étaient pas des oranges.
Ce sont les agrumes qui ont hérité du jardin.
Le carnet et la patience
À l'atelier de Fleurus, nous n'avons ni dragon à cent têtes ni nymphes pour monter la garde. La macération, c'est nous qui la veillons.
L'orange donne d'abord ce qu'elle a dans l'écorce : ses huiles parfumées, et cette amertume légère qui tient le vin debout. Les épices ne doivent jamais passer devant le fruit. Trop courte, la macération reste timide ; trop longue, elle peut devenir envahissante. Tout se joue entre les deux.
Le carnet et la patience
À l'atelier de Fleurus, nous n'avons ni dragon à cent têtes ni nymphes pour monter la garde. La macération, c'est nous qui la veillons.
L'orange donne d'abord ce qu'elle a dans l'écorce : ses huiles parfumées, et cette amertume légère qui tient le vin debout. Les épices ne doivent jamais passer devant le fruit. Trop courte, la macération reste timide ; trop longue, elle peut devenir envahissante. Tout se joue entre les deux.
Du carnet à la bouteille
La recette de Micheline, telle qu'elle sort aujourd'hui de l'atelier de Fleurus.
Du carnet à la bouteille
La recette de Micheline, telle qu'elle sort aujourd'hui de l'atelier de Fleurus.
On pense, forcément, aux vins épicés d'autrefois. L'hypocras, un vin mêlé de miel ou de sucre et d'épices qu'on servait sur les tables de la fin du Moyen Âge, partage avec notre recette un air de famille. Nous avons raconté l'histoire de l'hypocras, et la route qu'avaient suivie ses épices. Un air de famille, pas une lignée : le Vin des Hespérides ne descend d'aucun hypocras. Il vient du carnet de Micheline.
Le mythe donne la lumière ; le carnet, lui, donne la main.
La patience, elle, s'apprend devant le vin.
On pense, forcément, aux vins épicés d'autrefois. L'hypocras, un vin mêlé de miel ou de sucre et d'épices qu'on servait sur les tables de la fin du Moyen Âge, partage avec notre recette un air de famille. Nous avons raconté l'histoire de l'hypocras, et la route qu'avaient suivie ses épices. Un air de famille, pas une lignée : le Vin des Hespérides ne descend d'aucun hypocras. Il vient du carnet de Micheline.
Le mythe donne la lumière ; le carnet, lui, donne la main.
La patience, elle, s'apprend devant le vin.
Dans le verre, autour de la table
Certains vins racontent une terre. Celui-ci raconte aussi un jardin. Au nez, l'orange parle la première : fraîche, portée par son écorce. La cannelle et le girofle arrivent ensuite, en soutien ; ils prolongent le fruit sans le couvrir. En bouche, le goût reste net, et l'amertume s'attarde un peu.
Donnons-lui son nom exact : le Vin des Hespérides est une boisson aromatisée à base de vin, une recette de famille mise en bouteille.
Dans le verre, autour de la table
Certains vins racontent une terre. Celui-ci raconte aussi un jardin. Au nez, l'orange parle la première : fraîche, portée par son écorce. La cannelle et le girofle arrivent ensuite, en soutien ; ils prolongent le fruit sans le couvrir. En bouche, le goût reste net, et l'amertume s'attarde un peu.
Donnons-lui son nom exact : le Vin des Hespérides est une boisson aromatisée à base de vin, une recette de famille mise en bouteille.
Une table du soir
Le pain d'épices y retrouve la cannelle et le girofle du verre : les épices se répondent d'une assiette à l'autre.
Une table du soir
Le pain d'épices y retrouve la cannelle et le girofle du verre : les épices se répondent d'une assiette à l'autre.
Il se sert à l'apéritif, quand les agrumes ouvrent la soirée, et trouve aussi sa place à table et en fin de repas. Il s'accorde avec un chèvre frais ou un comté fruité, un poisson blanc grillé ou rôti, une salade d'oranges, une tarte au citron ou un pain d'épices.
Il ne demande qu'une chose : qu'on ne le presse pas.
L'orange non plus, d'ailleurs.
Il se sert à l'apéritif, quand les agrumes ouvrent la soirée, et trouve aussi sa place à table et en fin de repas. Il s'accorde avec un chèvre frais ou un comté fruité, un poisson blanc grillé ou rôti, une salade d'oranges, une tarte au citron ou un pain d'épices.
Il ne demande qu'une chose : qu'on ne le presse pas.
L'orange non plus, d'ailleurs.
Épluchez une orange
Ce soir, prenez une orange. Plantez l'ongle du pouce dans l'écorce, et tirez.
Le parfum vous monte aux doigts avant la première goutte de jus.
Puis partagez-la : une orange s'ouvre en quartiers, comme pour qu'on ne la mange jamais seul.
Devant un fruit de cette famille, la jeune fille d'Antiphane pensait déjà au jardin des Hespérides. Chez nous, l'orange entre entière dans le vin, et le nom du jardin est venu ensuite, comme l'étiquette qu'on écrit à la main sur un bocal de famille.
Versez-vous un verre à l'heure où le jour tombe. C'est cette heure-là qui a donné leur nom aux Hespérides.
Et si un carnet de famille dort quelque part chez vous, avec une recette entre ses pages, racontez-nous son histoire : nous serions heureux de la lire.
L'écorce, ne la jette pas tout de suite : il lui reste un peu de jardin.
Épluchez une orange
Ce soir, prenez une orange. Plantez l'ongle du pouce dans l'écorce, et tirez.
Le parfum vous monte aux doigts avant la première goutte de jus.
Puis partagez-la : une orange s'ouvre en quartiers, comme pour qu'on ne la mange jamais seul.
Devant un fruit de cette famille, la jeune fille d'Antiphane pensait déjà au jardin des Hespérides. Chez nous, l'orange entre entière dans le vin, et le nom du jardin est venu ensuite, comme l'étiquette qu'on écrit à la main sur un bocal de famille.
Versez-vous un verre à l'heure où le jour tombe. C'est cette heure-là qui a donné leur nom aux Hespérides.
Et si un carnet de famille dort quelque part chez vous, avec une recette entre ses pages, racontez-nous son histoire : nous serions heureux de la lire.
L'écorce, ne la jette pas tout de suite : il lui reste un peu de jardin.
Sources principales
Les passages rapportés ici sont traduits ou résumés par nos soins. Le don des pommes varie selon les auteurs : « à Zeus » lors de ses noces chez Apollodore, « pour les noces de Zeus et d'Héra » chez Asclépiade, cité par Athénée. Le rang du travail varie aussi : onzième chez Apollodore, dernier chez Diodore. L'identification des pommes d'or au cédrat est une interprétation antique, pas une donnée du mythe.
- Hésiode, Théogonie, v. 211-216, 274-275, 333-335 et 517-519.
- Apollodore, Bibliothèque, II, 5, 11.
- Apollonios de Rhodes, Argonautiques, IV, 1396-1407.
- Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, IV, 26-27.
- Athénée de Naucratis, Deipnosophistes, livre III, qui cite Théophraste, Antiphane, Juba II et Asclépiade.
- Théophraste, Recherches sur les plantes, IV, 4, 2 (l'arbre de Médie et sa « pomme »).
- Liddell, Scott et Jones, A Greek-English Lexicon, entrée μῆλον (B) : la pomme, ou plus généralement tout fruit d'arbre ; le dictionnaire donne en exemple le vers 215 de la Théogonie, celui des Hespérides.
- Giovanni Battista Ferrari, Hesperides, sive de malorum aureorum cultura et usu libri quatuor, Rome, 1646.
Sources principales
Les passages rapportés ici sont traduits ou résumés par nos soins. Le don des pommes varie selon les auteurs : « à Zeus » lors de ses noces chez Apollodore, « pour les noces de Zeus et d'Héra » chez Asclépiade, cité par Athénée. Le rang du travail varie aussi : onzième chez Apollodore, dernier chez Diodore. L'identification des pommes d'or au cédrat est une interprétation antique, pas une donnée du mythe.
- Hésiode, Théogonie, v. 211-216, 274-275, 333-335 et 517-519.
- Apollodore, Bibliothèque, II, 5, 11.
- Apollonios de Rhodes, Argonautiques, IV, 1396-1407.
- Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, IV, 26-27.
- Athénée de Naucratis, Deipnosophistes, livre III, qui cite Théophraste, Antiphane, Juba II et Asclépiade.
- Théophraste, Recherches sur les plantes, IV, 4, 2 (l'arbre de Médie et sa « pomme »).
- Liddell, Scott et Jones, A Greek-English Lexicon, entrée μῆλον (B) : la pomme, ou plus généralement tout fruit d'arbre ; le dictionnaire donne en exemple le vers 215 de la Théogonie, celui des Hespérides.
- Giovanni Battista Ferrari, Hesperides, sive de malorum aureorum cultura et usu libri quatuor, Rome, 1646.